Président du Club de la Presse Nord -Pas de Calais
19 janvier 2005
Florence Aubenas et son collaborateur, Hussein Hanoun-Al-Saadi viennent d’entrer dans leur seconde semaine de détention. Les propos des hommes cagoulés assurant qu’ils sont en bonne santé ne changent rien à l’affaire. Même si aucune revendication n’est connue à ce jour, des journalistes sont une fois de plus pris en otage. Avec, en Europe, un débat sur l’opportunité d’aller ou non en Irak. Peut-on accepter le principe de zones où l’information ne passerait plus ?
Alors que l’on s’inquiète, avec juste raison, pour le sort de FlorenceAubenas,notreconsoeurdeLibérationetdeson collaborateur Hussein Hanoun-Al-Saadi, le président Chirac a déconseillé aux rédactions d’envoyer des journalistes en Irak. Il a mis en balance le risque humain et l’intérêt de se rendre sur place. Mais il a aussi souligné « l’ampleur des efforts » et le « coût global » que les otages représentent pour la nation.
Est-il du ressort des politiques de juger si les journalistes doivent couvrir l’actualité au risque de leur vie ? Les avis sont partagés. Lorsque le Club de la Presse a reçu, en novembre dernier, plusieurs grands reporters, ces derniers ont rappelé avec justesse qu’un journaliste n’est ni un « fou de guerre », ni un irresponsable. En tout état de cause, on ne peut le forcer à partir en terrain dangereux. C’est lui qui fait le choix.
Il est vrai qu’en l’occurence, l’Irak présente la particularité que les risques encourus se distinguent des risques « habituels » sur les zones de conflit. Les journalistes sont ici pris pour cibles et pour monnaie d’échange.
Mais l’évocation du « coût global » pour la nation a de quoi faire frémir. C’est une piètre image des journalistes que l’on donne là. Ni Florence Aubenas, dont le courage et le professionnalisme ne plus à démontrer depuis longtemps, ni aucun journaliste, ne mérite d’être ainsi pointé du doigt.
Les propos du président de la République iront sans doute dans le sens de ceux qui estimeront que, après tout,« ils » ou « elles » connaissaient les risques. « Ils » ou « elles » l’ont bien cherché. Mais pire que celà, ce sont des propos de renoncement face à l’exigence terroriste.
Parce qu’aucun lieu au monde ne peut, ni ne doit être interdit à la presse, parce que l’information doit pouvoir circuler librement et partout, nous avons à coeur d’apporter notre soutien à Florence et à Hussein.
Nous travaillerons dans les jours qui suivent, à répondre à l’appel des rédacteurs de Libération et à réclamer, sans relâche, la libération des otages.
Nous ferons connaître régulièrement, sur ce site, les actions que nous proposerons.
Florence et Hussein, nous sommes avec vous.
Philippe Allienne






































































