Dans le cadre de la campagne de soutien à Ingrid Betancourt, la Ligue des Droits de l’Homme et la Maison régionale de l’environnement et des solidarités inauguraient le 17 octobre dernier une exposition du peintre Edouard Tremeau intitulée " De l’autre côté du mur ".
Edouard Tremeau, Ingrid Betancourt, deux noms évocateurs pour les membres du Club de la Presse. L’artiste était venu présenter quelques-unes de ses œuvres dans le cadre du soutien à Florence Aubenas et autres journalistes pris en otages, en Irak en particulier. Le portrait de la militante écologiste Franco-Colombienne (enlevée le 23 février 2002 par la guérilla colombienne) est toujours au fronton du Club de la Presse (ainsi que sur son site Internet), voisinant celui de Mohamed Benchicou, directeur du quotidien algérien Le Matin, symbole des journalistes victimes des atteintes à la liberté de la presse.
Du Liban à la Colombie
Beaucoup plus complète cette fois, l’exposition des œuvres d’Edouard Tremeau - amples, puissantes, impressionnantes - bénéficie d’une belle mise en valeur dans la nouvelle salle de la MRES, claire, spacieuse, dont le " mur rouge est un endroit idéal " pour exposer ses tableaux, explique l’artiste. Elle a été conçue de façon à " permettre une approche progressive du public " sur le thème des otages. Le personnage principal représenté par l’artiste, une femme otage, évoque d’autant mieux Ingrid Betancourt.
Un quart de siècle après les événements qu’elle évoque, l’œuvre est d’une terrible actualité. A chacune des trois étapes qui mènent du " silence de l’ordre " au mur rouge, l’artiste propose de courts textes " aussi importants que les œuvres ". " Dans le cheminement de l’exposition, il y a un chemin particulier qui se situe exactement entre le temps des brigades rouges et la fin de la guerre au Liban, les œuvres ayant été peintes au retour d’une exposition à Beyrouth en 1994… ".
Des peuples en otage
De Berlin à Rome, d’Aldo Moro au Chili, de la Colombie à Beyrouth ou à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, " il y a des jours ordinaires où le quotidien bascule. Dans la jungle Sud Américaine, dans la jungle des villes, dans la jungle idéologique… Il y a une " vie " nouvelle derrière le mur de feuillage, d’une cave, d’une séparation " alertent les organisateurs de l’exposition.
Gérard Minet, président de la MRES, évoque aussi ces autres murs que sont la misère sociale et économique, la misère culturelle, le colonialisme et le néocolonialisme, qui prennent des peuples en otage. Faisant le rapprochement avec la journée mondiale de lutte contre la misère ce 17 octobre et le 45e anniversaire du massacre des Algériens à Paris par la police de Maurice Papon, en 1961.
À l’exemple du cruel retour de l’histoire au Liban et en Palestine l’été dernier, " l’irrationnel a pris le pouvoir en main. Faut-il qu’il y ait une telle misère, de telles souffrances que l’on puisse s’appuyer sur elles pour en faire le nid de tous les intégrismes… revenir un siècle en arrière ", s’inquiète Edouard Tremeau.
Marc DUBOIS
L’exposition est visible à la MRES jusqu’au 16 novembre, du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 19 h. Le samedi de 9 h à 12 h (sauf pendant les vacances scolaires). Tél : 03.20.52.12.02






































































