La Presse Hebdomadaire Régionale a la réputation de plutôt bien se porter. Comment allez-vous ?
Disons que dans le contexte de crise, la PHR résiste plutôt mieux que les autres supports de presse écrite. Les hebdomadaires représentent aujourd’hui environ neuf millions de lecteurs, dont plus de la moitié sont des lecteurs exclusifs. Notre grande force réside dans l’ancrage local et dans le lien social que nous préservons. Les études indiquent, également, que le rythme de l’hebdomadaire correspond bien aux modes de vie d’aujourd’hui. Enfin, le prix d’achat n’est pas anodin. La moyenne du prix de vente d’un hebdo est aux alentours de 1,3 euros. Pour un budget annuel de 60 euros, vous disposez de toute l’information de votre bassin de vie.
Quelle est l’origine du SPHR ?
En 1972, le ministère des Finances envisageait de priver les hebdomadaires locaux des avantages fiscaux de l’article 39 bis. Cet article permet aux entreprises de presse de constituer une provision pour investissements déductible du résultat imposable. A l’invitation de Léonce Deprez, alors maire de la ville et lui-même éditeur, les hebdomadaires régionaux se sont réunis au Touquet les 22 et 23 juin 1973. Le syndicat est né de la volonté de défendre les intérêts des hebdomadaires régionaux face aux Pouvoirs Publics qui menaçaient leur légitimité. En 1991, le syndicat a changé de nom. Il est devenu le SPHR que nous connaissons aujourd’hui. Quarante ans plus tard, revenir au Touquet est tout un symbole !
Justement, une directive européenne visant à supprimer les annonces légales qui représentent environ 27 % du chiffre d’affaires des journaux de PHR menaçait l’équilibre économique de nombreux titres ? Où en est le dossier ?
Nous avons bien travaillé. Et travaillé de concert avec les Pouvoirs Publics et tous les acteurs de la presse écrite. Aujourd’hui, nous répondons totalement aux souhaits de Bruxelles. Avec Actulegales.fr, la plate-forme numérique mise en place au 1er janvier par l’ensemble de la presse française, toute annonce légale peut désormais être consultée à n’importe quel moment depuis n’importe quel point de l’Europe.
Si la Presse Hebdomadaire Régionale résiste plutôt bien, les salaires de ses journalistes restent de manière générale en-dessous de ceux de l’ensemble de la profession...
Ce n’est pas faux. Mais dans leur grande majorité, même si un mouvement inverse s’est amorcé au travers le rachat de certains titres, la structure des entreprises de PHR demeure celles de « TPE » qui dégagent un faible pourcentage de rentabilité. De très petites entreprises où, matin et soir, l’éditeur allume et éteint lui-même les lumières. A contrario, le métier de journaliste localier dans un hebdomadaire régional est passionnant, avec une vraie liberté au service de la population.
Quels sont les thèmes et les enjeux de ce congrès du quarantième anniversaire ?
La PHR n’en est qu’au tout début de son aventure numérique. La moitié des titres, seulement, peuvent être considérés comme des bimédias. Pour la majorité d’entre eux, le site internet n’est qu’une vitrine du support papier. C’est bien sûr l’un des enjeux d’aujourd’hui. Une conférence sera également consacrée à la propriété intellectuelle. Le SPHR a signé l’accord relatif aux droits d’auteur du 26 novembre 2012. Un atelier sera consacré aux droits mais aussi aux devoirs des éditeurs. Enfin, chaque congrès, se termine avec la présence d’un grand témoin, souvent extérieur à la presse mais avec une vision de la société. Cette année au Touquet, ce sera Jean-Paul Delevoye, en tant que président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Son action est totalement en phase avec notre rôle de lien social.
Recueilli par Hervé LEROY
Avec la filière PHR...
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