La cour d’appel de Rennes a condamné, mardi 27 octobre 2026, trois hommes pour injure publique raciale contre un journaliste du titre Ouest-France. D’après Franceinfo, Jean-Eudes Gannat, chef du groupuscule d’ultradroite L’Alvarium, écope d’une amende de 2500 euros.Yann Vallerie, rédacteur et fondateur du site d’extrême droite Breizh-Info, et Philippe Le Grand, directeur de la publication du site, quant à eux, sont condamnés à 1 500 euros d’amende chacun.
En 2021, Jean-Eudes Gannat était interviewé par Breizh-Info, et la couverture des activités de son groupuscule par le quotidien Ouest-France a été abordée : « Sans doute se rêve-t-il en Sartre, qui ‘prenait sa plume pour une épée’ ; sauf qu’à force de relayer grossièrement la propagande de l’extrême gauche, notre plumitif guadeloupéen jette des sagaies vers son propre camp ; personne n’est dupe », avait déclaré le militant identitaire, citant nommément un journaliste du quotidien, d’origine guadeloupéenne.
Une première relaxe finalement annulée
A la suite de cette interview, la société Ouest-France et le journaliste Josué Jean-Bart avaient porté plainte contre les trois hommes. « Tant le terme plumitif (…) que le terme de sagaie, qui fait allusion aux armes utilisées par des peuples africains primitifs, sont outrageants et méprisants dès lors qu’ils sont associés à l’adjectif guadeloupéen et renvoient à des représentations marquées par des stéréotypes raciaux d’infériorité », explique la cour d’appel de Rennes.
Pourtant, les prévenus avaient été relaxés en septembre 2024 par cette même cour d’appel, après une condamnation en première instance. Elle avait considéré que ces propos ne dépassaient pas « les limites admissibles de la liberté d’expression » . La Cour de cassation avait ensuite estimé que la relaxe était injustifiée, elle avait donc annulé la décision.
Aujourd’hui, Josué Jean-Bart se dit « très satisfait que les magistrats aient pris la mesure de cette phrase », évoquant « un vrai enjeu démocratique dans le fait de reconnaître que des tentatives de disqualifier le travail de journalistes ne peuvent prospérer ». Toutefois, les trois hommes peuvent encore se pourvoir en cassation.
Par : Juliette Carlier






































































