Siavosh Ghazi, la voix francophone depuis Téhéran

, par redaction@clubdelapressenpdc.fr

Depuis les frappes américano-israéliennes lancées le 28 février contre l’Iran, les journées de Siavosh Ghazi sont particulièrement intenses. Correspondant de France 24 et Radio France Internationale à Téhéran, il est l’un des rares journalistes à couvrir la guerre depuis l’intérieur du pays.

Très sollicité par les médias francophones, il multiplie les interventions en direct pour raconter l’évolution de la situation. « J’essaye de dormir au moins quatre heures par nuit pour rester en forme », confie le journaliste de 63 ans à l’INA. « Le matin, je prends de la vitamine C et beaucoup de café. »

Son visage est désormais familier pour de nombreux téléspectateurs. Il intervient régulièrement sur plusieurs chaînes françaises et internationales pour commenter les événements. Dans les périodes les plus intenses, il peut assurer « jusqu’à plus de 80 directs par jour », explique-t-il, en jonglant avec les fuseaux horaires et les demandes des différentes rédactions.

Malgré cette forte sollicitation, il reste fidèle à ses principaux médias : « Ma priorité reste pour France 24 et RFI. Je leur suis fidèle, ils m’ont toujours soutenu dans mon travail et dans cette situation difficile. »

Travailler sous les bombardements

Travailler depuis Téhéran comporte pourtant de nombreux risques. D’après l’INA, lors des bombardements, il se réfugie dans son appartement, faute d’abri dans son immeuble. « Que je sois dans le parking souterrain, sur le toit ou dans mon appartement lorsqu’il y a des frappes, c’est la même chose. S’il y a une explosion à côté, on la ressent partout », explique-t-il. La plupart de ses interventions sont réalisées avec un simple téléphone portable, un trépied et des écouteurs, tout en gardant des batteries de secours pour faire face aux coupures d’électricité ou d’internet.

Le contexte reste également très difficile pour la presse. L’Iran est considéré comme l’un des pays les plus répressifs pour les journalistes et les correspondants étrangers y sont rares. Pour travailler, Siavosh Ghazi doit posséder une carte de presse délivrée par les autorités. « S’il y a un contrôle de police, je montre ces documents-là, mais bien sûr il y a des limites », explique-t-il, certains sujets étant particulièrement sensibles.

Une arrestation lors des manifestations

Le journaliste connaît bien ces risques. En 2022, lors du mouvement « Femmes, Vie, Liberté », déclenché après la mort de Mahsa Amini, il avait été arrêté alors qu’il couvrait une manifestation. « Ils m’ont emmené les yeux bandés et menotté dans un lieu de détention pour m’interroger », se souvient-il. Il avait finalement été libéré après une nuit de détention.

Né en Iran mais arrivé en France à 14 ans sans parler français, Siavosh Ghazi a étudié l’histoire et les sciences politiques à la Sorbonne avant de devenir journaliste. Aujourd’hui, dans un contexte de guerre, il insiste sur l’importance de la rigueur journalistique : « Il faut toujours rester calme et factuel, avoir les idées claires et choisir les bons mots pour faire comprendre ce qui se passe ici. »


 

 

 

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