Selon CB News, c’est la première fois que RSF considère la situation de la presse « difficile » à l’échelle mondiale. L’organisation pointe du doigt les pressions économiques, qui pèsent lourdement sur l’indépendance et la survie des médias.
Des reculs alarmants, même dans les démocraties établies
Parmi les exemples les plus frappants, les États-Unis dégringolent à la 57e place du classement, deux rangs derrière la Sierra Leone. Une chute inquiétante, aggravée depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs médias publics américains à l’étranger, comme Voice of America, ont été affaiblis, voire démantelés. Ce recul prive des centaines de millions de personnes d’un accès à une information fiable, rapporte CB News. Le gel de fonds américains destinés au soutien international a aussi précipité la fermeture de nombreux médias, notamment en Ukraine.
Le phénomène des « déserts informationnels » s’étend surtout dans les zones rurales ou locales. Les journaux disparaissent, laissant les citoyens sans relais d’information de proximité. RSF alerte sur cette tendance, qu’elle qualifie d’« asphyxie » de la presse, avec des conséquences durables sur la vie démocratique.
Une crise mondiale accentuée par les géants du numérique
Plus d’une trentaine de pays connaissent des vagues de fermetures de rédactions. En Tunisie, en Argentine ou encore en Palestine, la presse paie un lourd tribut à l’instabilité économique ou politique. Dans certains cas, des journalistes sont contraints à l’exil. RSF estime que près de 200 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début du conflit, et plusieurs rédactions détruites.
En parallèle, la domination des géants du numérique, les GAFAM, accentue la crise. Le modèle économique des médias est fragilisé, car ces plateformes absorbent l’essentiel des revenus publicitaires. En Hongrie, le gouvernement concentre les aides publiques vers des titres favorables au pouvoir, affaiblissant encore davantage le pluralisme.
Même dans des pays où la presse reste bien classée, comme la Finlande ou l’Australie, la concentration des médias demeure problématique. En France, RSF s’interroge sur l’indépendance des rédactions, alors qu’une poignée de milliardaires détient une grande partie des journaux nationaux.
Face à cette situation, RSF appelle à un « New Deal pour le journalisme ». L’organisation avance 11 propositions concrètes, comme la régulation économique pour garantir le pluralisme, une taxation des géants du numérique pour soutenir l’information de qualité, ou encore la lutte contre les déserts informationnels à travers l’aide publique au développement.
Antoine Cyganik






































































