Qui contrôle ce que vous lisez, écoutez et regardez ?
Les journaux Le Monde diplomatique et Basta ! ont réalisé une analyse approfondie des médias français détenus par de grands groupes. Leurs infographies mettent en lumière un paysage médiatique marqué par la forte présence de milliardaires et d’acteurs industriels.
Lire la presse, écouter la radio ou regarder la télévision sont des pratiques quotidiennes pour s’informer. Pourtant, ces trois canaux sont largement dominés par de grands groupes, eux-mêmes contrôlés par des propriétaires disposant d’un capital économique considérable.
Ces groupes, déjà puissants dans des secteurs comme le BTP, la finance, le luxe, l’armement ou encore le transport, ont progressivement investi le secteur médiatique. Le rachat de médias par des industriels et hommes d’affaires a entraîné une concentration croissante, caractérisée par une prise de contrôle de nombreux titres par un nombre restreint d’acteurs.
Les grands propriétaires et leurs médias
Le 27 décembre 2024, Basta ! a publié une infographie recensant les médias français détenus par des milliardaires et de grands groupes. On y retrouve notamment Bernard Arnault, figure majeure du capitalisme français et dirigeant du groupe LVMH. Ce dernier possède plusieurs médias économiques et généralistes, dont Les Échos, Le Parisien et Radio Classique.
Autre acteur important : le groupe CMA CGM, dirigé par Rodolphe Saadé, qui détient plusieurs médias tels que BFM TV, RMC, La Provence, Corse Matin ou encore La Tribune.
Parmi ces figures, Vincent Bolloré occupe une place centrale dans cette concentration. À la tête du groupe Vivendi, il contrôle des médias influents comme CNews, Canal+, Europe 1, RFM ou encore Le Journal du dimanche. Son rôle dans le paysage médiatique est régulièrement débattu.
L’économiste Julia Cagé, professeure à Sciences Po, a notamment pointé du doigt un manque de pluralisme dans certains de ces médias, notamment dans le documentaire Média Crash, diffusé en 2022 par Mediapart. Elle y observe une évolution des lignes éditoriales, évoquant une présence accrue d’invités issus de l’extrême droite sur certaines chaînes.
Plus récemment, le 24 mars 2026, Vincent Bolloré a été auditionné par une commission d’enquête sur l’audiovisuel en tant que principal actionnaire de Vivendi, relançant les débats sur la concentration des médias en France.






































































