« Les basics ou un strip-poker sans cartes autour d’un bon wok de légumes », écrit Booba sur son compte X ( ancien twitter) en y ajoutant une photo de la journaliste Linh-Lan Dao le 1er avril 2024. C’est par cette publication qu’a démarré la campagne de harcèlement au sein de sa communauté contre la journaliste. En avril 2024, la journaliste porte plainte et estime qu’elle a « été jetée en pâture par Elie Yaffa [Booba] à ses 6 millions d’abonnés ».
« Tout ça parce que j’ai fait mon travail », précise-t-elle. Cette publication fait suite à un article que la journaliste a écrit visant à « fact-checker » la rumeur d’un lien entre les vaccins contre la COVID-19 et la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une dégénérescence du système nerveux central. Selon France Info, cet article n’aurait pas plu à Booba, qui aurait décidé de publier des messages interprétés comme racistes par la journaliste d’origine vietnamienne.
Lors de l’audience du 1er avril, la procureure avait requis 8 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et un stage de lutte contre la haine en ligne. L’avocate, Marie Roumiantseva, a réussi à mettre cette décision en délibéré grâce à l’absence de l’accusé, rapporte France Info. Selon Le Monde, qui a eu accès à la décision de justice, le tribunal a jugé que « La dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant ». Le chanteur a donc été condamné à 30 000 euros d’amende, à 3 mois de prison avec sursis, à une privation des droits d’éligibilité pendant 1 an et à verser 1 500 euros à l’Association des jeunes Chinois de France.
Une autre condamnation pour injure raciale
Dans une affaire précédente, le rappeur a été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale envers le chroniqueur Tristan Mendès-France, une « reprise du stéréotype antisémite le plus éculé », selon le tribunal. Si certains estiment la peine trop faible, plusieurs journalistes ont exprimé leur satisfaction face à cette décision. « J’ai ressenti beaucoup de soulagement au moment de prendre connaissance du jugement », avoue Linh-Lan Dao auprès du Monde. Ce soulagement est toutefois de courte durée : l’avocate du rappeur a annoncé à l’AFP faire appel de cette condamnation. « Cela signifie de nouvelles épreuves à venir », conclut la journaliste.






































































