Les données publiées par l’organisation témoignent d’une dégradation continue de la liberté de la presse à l’échelle mondiale. RSF souligne qu’en un quart de siècle, « le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas ». L’ONG attribue ce recul à un « arsenal législatif de plus en plus restrictif », mis en place dans de nombreux États, notamment à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Selon les chiffres relayés par franceinfo, la proportion de la population mondiale vivant dans un pays où la presse est libre est passée de 20 % à « moins de 1 % ». Seule une poignée de pays, à l’image de la Norvège, première du classement, conservent une situation favorable.
Des situations différentes selon les pays
Dans le détail, le classement de RSF souligne une dégradation marquée dans plusieurs pays. Le Niger chute de 37 places, illustrant selon l’ONG « la dégradation de la liberté de la presse au Sahel depuis plusieurs années », dans un contexte marqué par « les attaques de groupes armés et les juntes au pouvoir ». Les États-Unis enregistrent également un recul et se classent désormais à la 64e place. La France occupe, quant à elle, le 25e rang, avec une situation jugée « plutôt bonne ». En bas du classement, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Iran et la Chine figurent toujours parmi les pays les plus hostiles à l’exercice du journalisme, tandis que l’Érythrée ferme la marche.
…. Mais également selon les régions
En Europe de l’Est et en Asie centrale, plusieurs États figurent toujours parmi les régimes les plus répressifs à l’égard de la presse. Selon Reporters sans frontières, le Bélarus (165e), l’Azerbaïdjan et le Turkménistan (173e) occupent les dernières places du classement mondial de la liberté de la presse. La Russie (172e), de son côté, est qualifiée par l’ONG comme « l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes ».
Sur le continent américain, la situation suscite également des inquiétudes. Les États-Unis (64e), l’Argentine de Javier Milei (98e) et le Salvador de Nayib Bukele (143e) affichent des reculs préoccupants. RSF attribue cette dégradation à « un accès restreint à l’information publique » ainsi qu’à « des contraintes juridiques et administratives utilisées par les pouvoirs publics pour étouffer la couverture médiatique ».
En Asie-Pacifique, la Chine (178e), le Vietnam (174e) et la Birmanie (166e) demeurent parmi les pays les plus hostiles aux médias. « Les journalistes s’y exposent à des arrestations, des poursuites judiciaires et à des pressions extrêmes », dénonce RSF. Face à cette situation, le directeur du plaidoyer et de l’assistance de l’organisation estime que « la clé réside désormais dans l’action des États, qui doivent faire de la protection des journalistes une priorité ».







































































