La France et l’Allemagne se sont associées pour permettre la libération de Boualem Sansal. En début de semaine, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, avait appelé son homologue algérien à faire « un geste humanitaire. » Il avait également proposé que l’écrivain soit transféré en Allemagne pour « y bénéficier de soins médicaux […] compte tenu de son âge avancé […] et de son état de santé fragile. »
Une demande acceptée par Abdelmadjid Tebboune, qui a décrété la grâce de Boualem Sansal pour des raisons de santé, l’écrivain étant atteint d’un cancer.
La France au coeur des négociations
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a été le premier à réagir. Il a exprimé son soulagement et s’est félicité du climat apaisé ayant conduit à cette décision : « C’est le fruit d’une méthode fondée sur le respect et la sérénité. »
En effet, jeudi 6 novembre, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, soulignait que la France menait « un dialogue exigeant » avec Alger pour obtenir la libération de Boualem Sansal.
La fin d’une crise diplomatique ?
Depuis plus d’un an, Paris et Alger sont empêtrés dans une crise diplomatique sans précédent. L’affaire Boualem Sansal empoisonnait les relations entre les deux pays, déjà très tendues depuis des déclarations d’Emmanuel Macron en juillet 2024. Le président français avait reconnu la souveraineté marocaine sur le territoire disputé du Sahara-occidental. Depuis cette déclaration, les tensions se sont accentuées et la méfiance s’est renforcée autour du dossier Sansal.
Depuis le dernier remaniement ministériel, la ligne politique sur les relations franco-algériennes s’est modifiée. Et c’est bien l’arrivée de Sébastien Lecornu incarne ce changement d’approche.. En prenant la relève de Bruno Retailleau, partisan d’une approche plus ferme vis-à-vis de l’Algérie, Laurent Nunez a adopté un ton sensiblement différent. Hier, l’Élysée soulignait qu’un pays ne se transforme pas par des effets d’annonce.
Mais cette avancée ne marque pas la fin des conflits opposant la France et l’Algérie. Le journaliste Christophe Gleizes est toujours emprisonné à Alger. Accusé d’espionnage, il a été condamné à sept ans de prison. Son affaire sera examinée en appel début décembre.
Sources : France Inter, Libération







































































