Ouest-France annonce un plan de suppression de 156 postes
Le quotidien Ouest-France a annoncé, jeudi 17 septembre, aux représentants du personnel un projet de suppression de 156 postes, dont 116 au sein de ses différentes rédactions, selon Libération. Basé à Rennes, en Ille-et-Vilaine, le journal, qui diffuse principalement en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Normandie, n’échappe pas aux difficultés économiques qui touchent le secteur de la presse.
Pour réduire ses effectifs, la direction prévoit notamment de ne pas renouveler certains contrats à durée déterminée (CDD) et de ne pas remplacer les salariés partant à la retraite. Aucun licenciement n’est prévu à ce stade. Une période d’information et de consultation des représentants du personnel doit se tenir jusqu’au 17 novembre. Leur avis reste toutefois consultatif.
Avec près de 600 000 exemplaires écoulés chaque jour en moyenne l’an dernier, Ouest-France demeure le quotidien le plus diffusé de France, devant Le Monde et Le Figaro. Malgré cette position, le journal doit désormais engager des économies pour faire face à la dégradation de ses finances.
Une baisse des ventes et des recettes publicitaires
Cette annonce s’inscrit dans un contexte économique difficile pour le groupe. La direction avait lancé un plan d’économies dès 2025, mais ses conséquences se font désormais sentir sur les effectifs. Le quotidien subit une baisse annuelle de 5 à 6 % des ventes de ses éditions papier, tandis que le marché publicitaire reste en difficulté.
À ces difficultés s’ajoutent les coûts croissants de production, notamment ceux du papier, ainsi que l’utilisation des contenus journalistiques par les grandes plateformes numériques. Ces évolutions fragilisent les revenus traditionnels du journal et renforcent la nécessité de revoir son modèle économique.
La direction souhaite ainsi réduire sa masse salariale d’environ 10 %, ce qui représenterait une économie de 15 millions d’euros par an. Pour atteindre cet objectif, elle mise également sur des réorganisations internes et sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), dans l’espoir d’améliorer l’efficacité de ses activités.
Les syndicats alertent sur l’avenir des rédactions
Le projet suscite l’inquiétude des organisations syndicales CFDT, CGT, FO et SNJ. Elles dénoncent notamment les conséquences des suppressions de postes sur les métiers de la production éditoriale. Dans un communiqué, elles évoquent une « disparition programmée de plus de 20 % des secrétaires de rédaction et de plus d’un tiers des assistants de rédaction ».
Les syndicats redoutent ainsi une dégradation des conditions de travail et une diminution des moyens humains au sein des rédactions. De son côté, la direction tente de rassurer les salariés en affirmant vouloir « protéger les emplois permanents ». Reste à savoir comment les réorganisations envisagées seront mises en œuvre et quelles seront leurs conséquences sur le fonctionnement du journal.
Par : Juliette Carlier






































































