La cérémonie s’est tenue à Beyrouth, sur le campus de l’École supérieure des affaires, un an après que l’édition précédente avait dû être annulée en raison des bombardements israéliens sur le Liban. Cette fois, malgré un contexte encore instable et les drones israéliens survolant régulièrement la capitale, le jury a tenu à maintenir la cérémonie, organisée à l’occasion du centenaire du quotidien L’Orient-Le Jour.
Selon Libération, Julie Brafman, 39 ans, a été distinguée pour une série de six chroniques judiciaires publiées entre 2024 et 2025, consacrées à des procès d’assises sensibles. Le jury du prix Albert-Londres a salué « la précision poétique » de son écriture, sa capacité à rendre compte de la complexité des audiences et sa « remarquable justesse » dans la manière d’aborder les drames humains.
Recrutée en 2016 par Libération après avoir collaboré à plusieurs magazines et à l’émission Faites entrer l’accusé, Julie Brafman s’est imposée comme une plume singulière dans le paysage journalistique français. En 2020, elle rejoint le service Enquêtes du quotidien pour se consacrer à des récits au long cours et à la chronique des grands procès. Parmi les affaires qu’elle a couvertes récemment figurent le procès de l’ex-chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec à Vannes, celui du braquage de Kim Kardashian à Paris, ou encore celui de Michèle Nourry, jugée pour le meurtre de son père incestueux.
« La chronique judiciaire a rarement été saluée par le prix Albert-Londres, a noté le jury du prix dans un communiqué. Mais la force de l’écriture de cette grande reporter des prétoires, la précision poétique de ses récits, la profondeur de son analyse, son empathie intelligente nous font pénétrer l’univers des procès. Ces derniers sont la quintessence de ce qu’on appelle « le fait divers », et le talent de Julie Brafman est à la hauteur des drames qui se jouent dans ces enceintes. »
Le prix Albert-Londres de l’audiovisuel a cette année récompensé Jules Giraudat et Arthur Bouvart pour leur film Le Syndrome de La Havane, une production BrotherFilms pour Canal+. Le prix du livre a été décerné à Elena Volochine pour Propagande : l’arme de guerre de Vladimir Poutine, paru aux éditions Autrement. Un prix Albert-Londres d’honneur a également été remis aux journalistes gazaouis, représentés à la cérémonie par Adel Zaanoun.
Le jury a tenu à rappeler que le conflit israélo-palestinien a coûté la vie à plus de journalistes que les deux guerres mondiales du XXe siècle réunies, saluant leur courage et leur engagement à informer malgré les risques.






































































