Visé par une enquête pour « propos diffamatoires et injurieux à l’encontre des personnes et des institutions, et outrageux à l’égard d’instances régies par la loi », son interpellation avait déclenché un important mouvement de soutien des organisations de défense des droits humains notamment.
Dans un communiqué relayé par l’agence officielle MAP, le ministère public annonce que le parquet marocain a ordonné, mercredi 15 juillet, la remise en liberté du journaliste franco-marocain Ali Lmrabet,
Interpellé à son arrivée à l’aéroport de Tanger puis placé en garde à vue, il demeure visé par une enquête portant sur « des publications diffamatoires contre des personnes ou des institutions » selon RFI.
À sa sortie, Ali Lmrabet a défendu son travail auprès de Reporters sans frontières (RSF). « Je ne fais que du journalisme, je ne fais pas de politique. Le fait que je pratique un journalisme indépendant semble déranger beaucoup de monde. Mais c’est mon métier », a-t-il déclaré.
Âgé de 66 ans, Ali Lmrabet est l’une des figures les plus connues de la presse indépendante marocaine. Réputé pour ses critiques à l’égard des autorités, il vit aujourd’hui à Barcelone, où il exerce son activité de journaliste. Son épouse, Laura Feliu, s’est dite « surprise et très contente » de la décision du parquet, tout en soulignant que des incertitudes demeurent : « Il faudra voir maintenant quelle est la situation, s’il peut sortir du pays ou non. » Selon elle, il ne s’était plus rendu au Maroc depuis plusieurs années, hormis après le décès de son père qui y résidait.
Des problèmes récurrents avec la Justice
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une longue série de démêlés judiciaires entre Ali Lmrabet et les autorités marocaines. Entre avril 2005 et avril 2015, il s’était vu interdire d’exercer le journalisme au Maroc à la suite d’une condamnation pour diffamation. Cette affaire faisait suite à des déclarations sur les Sahraouis vivant dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, lorsqu’il avait affirmé qu’ils n’avaient « aucune envie de rentrer au Maroc ». Des propos contraires à la position officielle de Rabat, qui accuse le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, de retenir ces populations dans les camps.
Deux ans auparavant, en 2003, les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane, qu’il dirigeait, avaient été interdits de publication après un procès pour « outrage au roi ». Condamné à trois ans de prison, le journaliste avait finalement été libéré au début de l’année 2004 grâce à une grâce royale.
À la suite de son arrestation dimanche, plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), avaient réclamé sa libération.






































































