Journalisme de proximité , le groupe de presse Abeille de la Ternoise Communication fait toujours vibrer le territoire

, par redaction@clubdelapressenpdc.fr

Le journalisme local peut-il encore contribuer à retisser du lien social dans les territoires ? C’est autour de cette question que le Club de la presse Hauts-de-France a accueilli, ce vendredi 19 septembre 2025, Benoît Cailliez, directeur général délégué du groupe L’Abeille de la Ternoise Communication. L’occasion pour l’invité de présenter les différents titres du groupe, leur ligne éditoriale et leur modèle économique, mais aussi d’évoquer les défis et les projets à venir.

Une maison de presse presque bicentenaire

« On est quasiment une des plus anciennes entreprises de presse de France, comme le Figaro », souligne Benoît Cailliez avec fierté. Fondée en 1827, L’Abeille de la Ternoise s’apprête à fêter ses 200 ans l’an prochain. Le groupe, profondément ancré dans les Hauts-de-France, possède aujourd’hui plusieurs titres : L’Abeille de la Ternoise, Le Bonhomme picard, L’Observateur de Beauvais, L’Echo du Thelle, le Journal de Ham, le Bulletin d’Espalion et le trimestriel Jardin des Hauts-de-France.

« Il y a trois ans, nous avons eu une opportunité d’acquisition dans l’Aveyron, avec le Bulletin d’Espalion. Depuis avril, nous avons également repris quatre titres en Picardie », confie Benoit Cailliez.

À sa création, le nom L’Abeille rendait hommage à Napoléon – l’abeille étant un symbole impérial. Deux siècles plus tard, le groupe affirme son indépendance et revendique un journalisme de proximité, libre de tout soutien politique. L’actionnaire principal du groupe est la famille Prévost, un ancien PDG de La Voix du Nord.

L’Abeille de la Ternoise, hebdomadaire de référence

Installé à Saint-Pol-sur-Ternoise, l’hebdomadaire historique du groupe propose quatre éditions locales (Saint-Pol, Hesdin, Doullens et Bruaysis). Chaque jeudi, il tire entre 8 000 et 9 000 exemplaires, vendus 1,50 € l’unité. Avec 64 à 72 pages par édition, l’Abeille de la Ternoise publie chaque semaine près de 90 pages d’informations locales. Sa rédaction repose sur une équipe de cinq journalistes permanents et d’une dizaine de correspondants locaux de presse.

La ligne éditoriale reste résolument tournée vers la proximité : faits divers, vie communale, économie locale, associations et pages régionales composent l’essentiel des contenus.

Côté modèle économique, l’équilibre repose sur la vente au numéro, les abonnements (30 % des recettes) et surtout la publicité. « Notre première source de financement reste le tissu commercial local, dense et fidèle, qui choisit L’Abeille pour communiquer », confie Benoît Cailliez. Le titre se distingue aussi par sa stabilité : « Nous n’avons jamais eu de plan social »
Pour l’impression, deux solutions coexistent : les rotatives de la Voix du Nord pour les titres à fort tirage, et l’impression numérique via Digital Print qui permet d’offrir au lecteur « un journal à la carte ». Selon l’invité du Club, le lecteur peut recevoir un journal personnalisé, il suffit de sélectionner les rubriques, sorties, recettes et/ou faits divers, etc.

Une stratégie numérique
Si l’hebdomadaire reste un rendez-vous incontournable pour les lecteurs, l’enjeu est désormais d’articuler le papier avec le numérique. Le groupe complète ainsi son offre print avec des formats digitaux, comme des articles web et des vidéos et Podcasts. Très présent sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, etc.), L’Abeille de la Ternoise Communication développe aussi de nouveaux outils numériques, notamment des newsletters généralistes ou ciblées à destination des acteurs économiques.

Une ligne éditoriale fidèle à chaque territoire

Avec 25 journalistes salariés et près de 40 correspondants locaux, le groupe couvre 500 communes. Chaque titre garde sa maquette et son identité. « Il n’y a pas de volonté de leader, insiste Benoît Cailliez. On veut que chaque journal conserve son style et son ancrage. »
Cette authenticité éditoriale permet à chaque titre d’adapter sa couverture aux spécificités de son territoire. Elle permet aux grands événements, comme les prochaines élections municipales, de bénéficier de toute l’attention qu’ils méritent. « Les municipales, c’est un moment fort : les candidats défilent chez nous, les habitants attendent qu’on relaie les débats, qu’on raconte la vie politique à l’échelle de leur commune », explique le directeur. « Quand vous avez 500 communes à couvrir, vous mesurez l’importance du réseau de correspondants. C’est là que notre modèle local montre toute sa force », ajoute-t-il.

Les défis et projets à venir

Au-delà de ses projets éditoriaux et numériques, le groupe doit aussi relever plusieurs défis. Le premier est celui de sa propre visibilité : communiquer suffisamment sur lui-même pour rappeler son rôle, son indépendance et son ancrage dans le territoire. Le second défi est lié au recrutement, plus complexe dans des zones rurales. Pour y répondre, l’entreprise s’appuie depuis plus de trente ans sur un partenariat solide avec l’école supérieur de journalisme de Lille et accueille régulièrement des alternants, formés aux réalités de la presse locale. Une manière de préparer la relève et susciter chez les jeunes journalistes un intérêt pour la presse locale.

Enfin, Pour 2026, L’Abeille de la Ternoise Communication prévoit de développer une dizaine de nouveautés événementielles dans le Pas-de-Calais, l’Oise et la Somme, couvrant le sport, la culture et l’économie, afin de créer du lien social et de compléter ses revenus. Le groupe organise déjà des événements sportifs comme la Cyclable, une randonnée cyclotouriste qui réunit chaque année 1 000 participants.


 

 

 

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