Des débuts dans la presse française
Jean-Paul Pigasse débute sa carrière au quotidien La Dépêche du Midi au début des années 1960. Il poursuit ensuite son parcours au sein du groupe Réalités – Entreprise – Connaissance des Arts, où il exerce notamment les fonctions de rédacteur en chef et d’éditorialiste.
Au fil de sa carrière, il participe également au développement de plusieurs publications économiques françaises, avant de s’engager dans une réflexion plus large sur l’avenir de la presse.
En 1992, il publie Le Dossier noir de la presse française, aux éditions de Forgues. Dans cet ouvrage, il dresse un constat lucide des mutations auxquelles est confronté le secteur, évoquant les évolutions du lectorat, les transformations économiques des entreprises de presse et les défis liés à leur indépendance.
Le choix de l’Afrique centrale
Au début des années 2000, Jean-Paul Pigasse choisit de consacrer son énergie au développement des médias en Afrique centrale. Il lance d’abord un site d’information, avant de créer un magazine mensuel puis un hebdomadaire.
En 2007, il fonde Les Dépêches de Brazzaville, quotidien d’information générale qui s’impose progressivement comme l’une des principales références de la presse congolaise. Quelques années plus tard, il lance Le Courrier de Kinshasa, avec l’ambition de renforcer le dialogue médiatique entre les deux rives du fleuve Congo et de rapprocher Brazzaville et Kinshasa, les deux capitales les plus proches du monde.
Un engagement en faveur de la culture
Au-delà de son activité d’éditeur, Jean-Paul Pigasse s’investit dans la promotion de la culture congolaise et africaine. À Brazzaville, il ouvre une librairie ainsi qu’une galerie d’art réunissant plusieurs centaines d’objets anciens et une importante collection d’œuvres contemporaines. À Paris, il crée un centre de presse consacré aux Dépêches de Brazzaville ainsi qu’une librairie-galerie dédiée aux auteurs, artistes et éditeurs du bassin du Congo.
Convaincu que la culture et l’information constituent des leviers essentiels de rapprochement entre les peuples, il œuvre durant de nombreuses années au renforcement des relations entre l’Afrique centrale et l’Europe. Il défend une vision fondée sur les échanges, la connaissance mutuelle et la valorisation des richesses humaines, culturelles et environnementales du bassin du Congo. Il soutient également les initiatives consacrées à la préservation de cette région, reconnue comme l’un des plus importants réservoirs de biodiversité de la planète.
Une réflexion sur les enjeux africains
Jean-Paul Pigasse est également secrétaire général de la revue Géopolitique Africaine, publication consacrée aux évolutions politiques, économiques et diplomatiques du continent. Il en confie la direction au diplomate et écrivain Henri Lopès, contribuant ainsi à faire de cette revue un espace de réflexion sur les grands enjeux africains.
L’héritage d’un entrepreneur de presse
Avec la disparition de Jean-Paul Pigasse, le monde des médias perd l’un de ses grands bâtisseurs. Journaliste exigeant, entrepreneur visionnaire et défenseur d’une information tournée vers le dialogue entre les peuples, il aura profondément contribué au développement de la presse francophone en Afrique centrale.
Son engagement en faveur d’une meilleure connaissance du bassin du Congo, de ses cultures et de ses enjeux, ainsi que les médias qu’il a créés, constituent un héritage appelé à perdurer bien au-delà de sa disparition.
Par : Faouzia Allienne Abdouh






































































