Lundi 2 mars, Julia Mokdad, journaliste à L’Orient-Le Jour, a dû quitter en urgence son appartement de la banlieue sud de Beyrouth avec sa grand-mère, alors que l’armée israélienne bombardait le quartier, fief du Hezbollah, d’après l’INA. « À chaque fois que j’entends un bruit, je deviens parano ! », confie-t-elle. Même la banlieue résidentielle de Hazmieh, où se trouve la rédaction, n’est plus épargnée : une frappe a visé un hôtel à proximité le 4 mars, faisant un mort et trois blessés.
Le 5 mars, face aux ordres d’évacuation massive, la rédaction a dû fuir. « Il y a eu une telle vague de panique que nous avons craint pour nos employés », raconte Rima Abdul Malak, directrice du journal, d’après l’INA. Plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis début mars. « On a le sentiment d’un éternel recommencement », souligne Caroline Hayek, reporter.
Une augmentation des abonnements
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les longues enquêtes sont suspendues et les articles se concentrent sur la stratégie du Hezbollah, la position des Occidentaux et la vie des Libanais déplacés. Le journal enregistre un pic de lecture : abonnements en hausse de 5 à 6 %, près d’un million de lecteurs chaque mois, dont 80 % hors du pays, principalement en France, d’après l’INA.
La rédaction a renforcé la sécurité de ses journalistes après la précédente guerre, au cours de laquelle un photoreporter avait été tué et six journalistes blessés. Chaque mission est désormais évaluée selon le risque et la valeur éditoriale. « Nos journalistes ne sont pas des envoyés spéciaux qui viennent et repartent. C’est leur pays, c’est leur famille », résume Anthony Samrani, co-rédacteur en chef, d’après l’INA.







































































