Ce livre retrace l’histoire de trois associations roubaisiennes qui ont largement contribué à l’animation culturelle de la ville durant plusieurs décennies. Les textes sont accompagnés d’une vingtaine de dessins signés par le talentueux illustrateur François Boucq.
Le fil conducteur de ces trois structures : la transmission. Des expériences qui mêlent pratiques artistiques, parole vivante et gourmandise créative, rappelle Dominique Cresson, à l’origine du projet éditorial.
L’ouvrage revient notamment sur les 30 ans d’existence de la « Plus Petite Galerie du Monde (ou Presque ) », à travers ses actions marquantes qui ont façonné un quartier, une ville, et parfois essaimé bien au-delà. Parmi ces initiatives, « Les fenêtres qui parlent » qui ont séduit, par leur originalité et leur esthétique, plusieurs communes de la métropole lilloise. Le principe : exposer aux fenêtres des œuvres d’artistes ou de simples habitants, transformant ainsi la rue en galerie à ciel ouvert.
La ppgm op, ce sont aussi des expositions régulières. « Chaque premier dimanche du mois, un vernissage », souligne avec fierté son fondateur, Luc Hossepied. Des artistes venus de Toulouse, Tournai, Venise ou Nantes ont ainsi présenté leurs œuvres au 69 rue des Arts, une rue qui porte décidément bien son nom.
Les « tableaux fantômes » de Bailleul
Évoquer la guerre, c’est évoquer les pertes. La « Plus Petite Galerie du Monde (ou Presque ) » peut se targuer d’être à l’origine d’un projet singulier : la réinvention des œuvres disparues du musée de Bailleul entre 1914 et 1918. Gourmand’Art raconte comment, avec la participation de 90 artistes, l’association a permis de redonner vie à ces tableaux « fantômes » à travers deux expositions organisées entre 2014 et 2018, à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre.
Daniel Fatous et les ateliers artistiques émancipateurs
« C’est un artiste qui n’a jamais été reconnu à la hauteur de son talent », confie Dominique Cresson. Originaire de la région, Daniel Fatous cumulait les talents et faisait preuve d’une générosité rare. Comédien, musicien, chanteur, plasticien et metteur en scène, il a participé à la création d’un café-théâtre, d’un groupe de musique et de nombreux ateliers de culture émancipatrice.
À l’origine des « Chœurs de lecteurs », Daniel Fatous avait développé une méthode ludique, détaillée dans le livre, pour amener les participants vers une création collective, vivante et accessible à tous.
Un coup de crayon pour ces passeurs de culture
Interrogé sur sa manière d’illustrer Gourmand’Art, François Boucq explique qu’il lui faut « plonger dans la thématique » pour en proposer une synthèse en image. Pour le dessinateur, la lecture d’une œuvre et son interprétation appartiennent toujours à celui qui la regarde. Sa participation au projet s’est faite « par sympathie », précise-t-il, mais aussi parce que l’aventure l’a profondément inspiré.
Fidèle à ses valeurs de transmission et de solidarité, Gourmand’Art ne se limite pas à un travail de mémoire. Les bénéfices des ventes du livre seront consacrés à la mise en œuvre d’un projet solidaire avec les Restos du Cœur du Nord.
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