Alors qu’elle réalisait des reportages dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, une zone toujours marquée par l’instabilité, Augustine Passilly, 30 ans, a été convoquée par l’Autorité éthiopienne des médias (EMA), a-t-elle indiqué à l’AFP. C’est à cette occasion que la journaliste a appris qu’une enquête avait été ouverte à son encontre, selon RFI.
Quelques jours plus tard, les services d’immigration éthiopiens lui annoncent « la résiliation à la fois de mon accréditation et de mon titre de séjour, qui étaient valables jusqu’en septembre », déplore la journaliste, contrainte de quitter le pays le 11 juin dernier.
La liberté de la presse en question
Pour Thomas Hofnung, chef du service international du journal La Croix, cette décision constitue un signal préoccupant pour la profession et pour la liberté d’informer.
« Notre correspondante, Augustine Passilly, s’est vu retirer son accréditation et son permis de résidence. Tout cela parce qu’elle s’est rendue dans la région du Tigré. On sait que c’est une région compliquée, instable, où existent des menaces de reprise du conflit avec Addis-Abeba. Mais elle s’y est rendue en toute légalité. Il n’y avait aucune autorisation préalable à solliciter. (...) Alors qu’elle était sur place, elle a été convoquée et ses documents lui ont été retirés, avec l’injonction de quitter le pays », explique-t-il.
Selon Le Monde, cette résiliation constitue une « nouvelle violation de la liberté d’informer » en Éthiopie, estime Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières (RSF). Cette mesure « illustre une fois de plus jusqu’où les autorités sont prêtes à aller pour censurer l’information et en contrôler l’accès dans un pays où cinq journalistes éthiopiens sont emprisonnés en raison de leur travail », poursuit-il. Il appelle également les autorités d’Addis-Abeba à revenir sur leur décision.
Une autre journaliste expulsée
Parallèlement, la journaliste Alice Froussard, collaboratrice de Radio France, s’est vu interdire l’entrée sur le territoire israélien. Correspondante couvrant depuis plusieurs années le conflit israélo-palestinien pour Radio France et RFI, elle a été expulsée après avoir tenté de retourner en Israël afin de poursuivre son travail sur place.
Selon Libération, le ministre israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, Amichaï Chikli, a affirmé dans un communiqué que la journaliste « a tenté d’entrer en Israël et de reprendre son activité de manière permanente ».
D’après le ministre, les autorités ont suivi la recommandation de son ministère, conduisant à son expulsion et à son renvoi vers la France. Il accuse également la journaliste de 33 ans d’être favorable au mouvement islamiste palestinien Hamas.
Des accusations fermement rejetées par la Société des journalistes (SDJ) de RFI, qui affirme qu’« Alice Froussard n’a jamais entretenu la moindre proximité avec le Hamas, contrairement à ce qu’affirme M. Chikli ». La SDJ dénonce par ailleurs une « atteinte grave à la liberté de la presse » et apporte son soutien à la journaliste qui, « depuis six ans, couvre avec rigueur et courage le quotidien des Palestiniens ».






































































