Cette frappe intervient malgré une trêve en cours, suscitant une vive réaction des autorités libanaises, qui dénoncent une violation du droit international et envisagent de demander la prolongation du cessez-le-feu pour un mois supplémentaire.
Des secours entravés et une intervention tardive
Selon les autorités, deux frappes ont visé Tiri, faisant trois morts. Les opérations de secours ont été particulièrement difficiles. D’après le journaliste Arthur Sarradin, correspondant au Liban pour Libération, Radio France et LCI, plusieurs heures de coordination ont été nécessaires pour permettre à la Croix-Rouge libanaise d’accéder à la zone. Même après autorisation, la route menant au village aurait été ciblée.
Les équipes de secours, accompagnées de l’armée libanaise et après des échanges avec la FINUL, ont finalement pu atteindre les lieux et extraire le corps d’Amal Khalil des décombres.
Une journaliste expérimentée sur le terrain
Correspondante chevronnée, Amal Khalil avait couvert de nombreux épisodes du conflit entre Israël et le Hezbollah, notamment lors des escalades de 2023 et 2024. Elle travaillait régulièrement avec Zeinab Faraj dans le sud du Liban, une zone particulièrement exposée.
Selon l’Ordre des rédacteurs, au moins 27 journalistes ont été tués depuis le début du conflit en octobre 2023. L’organisation appelle les professionnels des médias à renforcer leur coordination avec les autorités et les organisations internationales afin de limiter les risques.
Accusations et condamnations officielles
Les autorités libanaises affirment que les deux journalistes étaient spécifiquement visées et s’étaient réfugiées dans une maison au moment de la frappe. Un responsable de la Croix-Rouge a indiqué que les équipes avaient dû se retirer sous des tirs de semonce avant de pouvoir atteindre Amal Khalil, tandis que Zeinab Faraj avait pu être secourue.
Le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a fermement condamné l’attaque, qualifiant le ciblage de journalistes de « crime odieux » et de « violation flagrante du droit international humanitaire ».
Un bilan humain toujours plus lourd
Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes au Liban ont fait, selon les autorités, plus de 2 400 morts et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes. La mort d’Amal Khalil vient alourdir un bilan déjà dramatique et ravive les inquiétudes quant à la sécurité des civils et des journalistes dans la zone de conflit.






































































