Plus de 3 millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 images supplémentaires disponibles sur le site du ministère de la Justice américain. Selon l’INA, deux urgences pour les journalistes : trouver ce que les fichiers Epstein contiennent, et empêcher la prolifération des récits complotistes. Les archives étant publiques, journalistes, chercheurs et simple curieux partent du même point. « Un tas de boue qui est aussi une mine d’or », c’est avec ces mots que Fabrice Arfi, journaliste de Mediapart, décrit tous ces fichiers sur le plateau de France 5.
« L’IA nos a permis de créer en quelques jours seulement des outils spécialisés pour analyser les fichiers Epstein, ce qui aurait normalement pris plusieurs semaines à des équipes d’ingénieurs », confie Dylan Freedeman, journaliste au « New York Times », dans leur interview au sujet de leur méthode d’exploration.
L’IA, une fidèle alliée
D’après l’INA, en France, « Le Monde » a choisi d’adopter la même stratégie : « face à la masse de ces documents, on a perçu que l’IA pouvait être une grande aide pour arriver à recouper, à synthétiser, à classfier », explique Gabriel Coutagne, rédacteur en chef adjoint du journal.
Mais attention, il n’est pas question de demander « un scoop » à l’IA, et encore moins d’écrire un article. Selon Gabriel Coutagne, l’utilisation de l’intelligence artificielle réside surtout dans « les associations de documents » qu’elle peut faire, en réalisant des « prompts bien affinés » qui « peuvent dégager des pites ou révéler des angles morts.
Un risque d’erreur à ne pas écarter
Selon Frédéric Zalac, journaliste pour Radio Canada, il faut être prudent pour éviter les erreurs. L’intelligence artificielle ne livre qu’un « premier regard sur les documents ». L’enjeu pour les journalistes est donc de vérifier et de recouper. « C’est évident que c’est très tentant d’utiliser l’A quand il y a une échéance qui approche, sans nécéssairement en vérifier les résultats », confie-t-il.
Face au tourbillon d’informations de l’affaire Epstein, les journalistes doivent être extrêmement prudent, au risque de faire des « erreurs monumentales qui risquent d’être publiées » sous la pression.







































































